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mardi 24 juin 2008

Les clichés d'Indiana Jones

L’excellente série des Indiana Jones est une mine de clichés exploités avec bonheur. Plutôt que de tenter en vain de les éviter tout en faisant ce qu’il faut pour plaire au public, qui, il faut l’avouer aime les clichés, la série se vautre joyeusement dedans et en rajoute !

Dans le premier, Raiders of the Lost Ark, qui développe une vile vision coloniale, on trouve un Français, forcément séducteur et raffiné et les méchants sont des nazis (comme ça on peut les zigouiller de façon sadique en gardant bonne conscience, chic).

Dans le deuxième, Temple of Doom, qui est un nanard, la femme est vénale, bruyante, elle aime les hommes forts et est facile. Elle apprécie quand après avoir fait une scène à Indy, celui-ci l’attrape avec son fouet… De quoi faire hurler les féministes qui n’ont pas d’humour ! A part ça : des Indiens forcément mystique et misérables, qui sont sauvages, qui pullulent, qui réduisent les enfants au travail forcé ; les guides indiens lâches et superstitieux…

Dans le troisième, The last Crusade, la femme est facile quand l’homme est macho, et elle trahit ! Les méchants sont encore des Nazis. On retrouve comme dans le premier le méchant Champagne selon l’expression de Spielberg lui-même, un millionnaire américain pro-nazi, et le méchant brutal, un militaire allemand.

Ajouter à tout ça que le méchant est souvent perdu parce que Greedy, appaté par les richesses au moment crucial et... puni.

Le quatrième, Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull, est beaucoup plus récent, il devient intéressant de comparer si les clichés évoluent et la réponse est oui ! Le méchant, passé la scène d’introduction, est le FBI en pleine red scare, message à peine lourd pour critiquer l’administration américaine. Les clichés des précédents épisodes seraient mal acceptés aujourd’hui, donc plus de femme facile et d’autochtones arriérés. Les surprises n'en sont jamais : hop l'ami D'indiana le trahit, hop le jeune rebelle est le fils d'Indiana... Mais des russes vraiment méchants. Ouf.

samedi 27 octobre 2007

Monkeys in Delhi

Un article récent dans lemonde.fr rapportait que le vice-maire de Delhi était édécédé des suites d'une chute provoquée par les très nombreux singes qui y vivent. Ils seraient 5500.



Les singes, tout comme les vaches, sont sacrés. Les Hindous les relient au dieu Hanuman, roi des singes. Ils vaquent donc à travers la ville, paisibles à moins de se sentir attaqués. On les trouve en grande quantité dans l'ancienne place forte de Tugjuqabad et le parc attenant, fortement enclavé. Ils attendent près de la seule entrée (officielle) que des badauds leur envoient des bananes :
















jeudi 12 juillet 2007

Déménagement à Khanpur

Kate et moi venons de déménager dans un appartement à Khanpur Extension, que nous partageons avec deux collocataires américain et écossais. Le logement est neuf -en fait il est encore en construction-. C’est plus agréable qu’être à l’hotel, nos hôtes sont attentionnés, on est nourris et ça coûte seulement 5 euros par jour.

Surtout, fini le cafard quotidien ! A l’hôtel, la scholar’s house de la Jamia Hamdard University (au fait : Jamia veut dire université), j’ai chaque nuit fait la chasse à un cafard différent (ça m’a rappellé wikipédia).

Un autre problème de l’hôtel, plutôt pas mal autrement, résidait en son excentrage, situé dans le sud de Delhi, loin de Connaught place et du Red Fort. Khanpur, où se trouvent mes nouveaux quartiers est malheureusement encore plus au sud et je n’ai donc pas encore eu l’occasion d’explorer le nord de la ville.

Alors que l’hôtel se trouvait dans le campus d’une université musulmane, Khanpur est un quartier populaire.

La Devli Road en est la principale artère, de direction nord-sud, qui est un superbe bazar dans tous les sens du terme. L’avenue est formée d’une suite ininterrompue et qu’on croirait sans fin d’échoppes mobiles ou sédentaires, parfois superposées proposant tout types de biens et service : jus de fruit, journaux (pas fréquent), plats chauds, vêtements, pharmacie, barres en métal, fruits (un seul type à la fois le plus souvent), réparation de vélo, meubles, tissu, tailleur, coiffeur, boissons énergisantes et matériel de bodybuilding, boissons, appels téléphoniques, immobilier, tapis, supermarché (= 50m²), meubles, viande, marbre, médecine, internet, téléphones mobiles, électro-ménager, maïs grillé etc.

On trouve encore un temple et une mosquée. On ne voit en revanche aucun agent de l’Etat ni administration. Seul le système de bus peut y être rattaché. Les gens s’entassent dedans jusqu’aux dehors des portes, qui ne ferment jamais. Par souci de lutte contre la pollution, ces bus roulent au GPL. Même si la pollution est un grave problème de Delhi, je doute que les consommateurs du service de bus eurent arbitrés vers le passage au GPL plutôt que la mise en place de davantage de bus.

La poussière semble encore plus présente sur la Devli Road qu’ailleurs, offrant un décor un peu far-west, surtout quand passe un cheval ou que des vaches s’installent sur le petit trottoir séparant parfois les voies.

Sur les côtés, on peut trouver d’authentiques bas-fonds, des rues tortueuses desquelles la lumière semble fuir. On erre entouré d’yeux surpris, sans garantie de trouver une sortie, ne sachant pas si au fond se trouve un cul-de-sac où un nouveau zigzag au détour duquel vous risquez de voir surgir une moto conduite par des gamins. Car Delhi est une ville formée de très nombreuses enclaves développant chacune leur propre « écosystème ». Les habitants de Delhi semblent ignorer l’allure générale de leur ville, on ne trouve d’ailleurs aucun plan, les conducteurs se repèrent par rapport aux endroits ou demandent leur chemin en cours de route.

Dernier détail, mon quartier abrite une forte minorité de sikhs, originaires du Penjab dont sont mes hôtes.

vendredi 6 juillet 2007

Ansal Plaza, où comment la jeunesse dorée fantasme l’occident


L’autre jour je suis allé à Ansal Plaza, au sud de la road ring de Delhi, qui était sur le chemin au bout duquel aurait du se trouver l’Alliance française. Je m’attendais à l’habituel alignement d’échoppes hétéroclite mais là je découvre un centre commercial branché pour la jeunesse dorée. A quoi rêve-t-elle ?

L’architecture est un peu surprenante, un design un peu futuriste : un amphithéâtre entouré par deux bâtiments symétriques organisés en cercle autour. Un peu décalée se dresse une tour à l’allure de tour de contrôle. L’entrée des bâtiments est surveillée par des vigiles.

On y trouve deux types de commerce. D’abord les magazins, principalement de vêtements, qui proposent des marques en apparence européenne (cad par le nom et le prix). Les mannequins mélangent astucieusement blancs et indiens européanisés, encore qu’ils gardent parfois la moustache, le détail qui tue.

Ensuite des échoppes proposent glaces, popcorn, boissons, hotdogs « authentique » et autres gâteries de l’ouest.

Des jeunes habillés cool ou fashion arpentent les allées, inspectant le grand mâle occidental habillé chic qui passe près d’eux.

De mes lectures de journaux j’avais compris que le principe de tels endroits est de copier autant que possible le mode de vie occidental ou plus exactement, ce qui est très différent, singer les habitudes qu’on prête aux occidentaux. C’était l ‘occasion de tester l’idée reçue.

Ce fut un succès.

Tout ce cliché a un côté tristement dérisoire : dès qu’il pleut, l’eau coule du plafond dans le couloir, qu’un employé vient éponger. Les employés sont en surnombre et inefficaces, on trouve des insectes dans les bonbons, les escaliers sont des escaliers de service mis à part les escalators du milieu.

La jeunesse dorée de Delhi, souvent nouveau-riche, ignore que le clinquant et le cher sont vulgaires. Ce soir-là je mangeais dans une échoppe thaï perdue pour 100 roupies, dans une rue dégueulasse, à l’écart des magazins, et c’était excellent.

mercredi 4 juillet 2007

Rickshaw devant !


Je suis arrivé à Delhi vendredi. Ancien pays tiermondiste et donc pauvre, aujourd’hui capitaliste et donc en plein boom économique. L’expérience la plus marquante, et quotidienne, est la conduite en rickshaw, sorte de petit taxi bas-de-gamme à trois roues et moteur vrombissant.

Ces petits engins se glissent à toute allure dans une circulation infernale autant qu’encombrée. Le visiteur étranger constatera immédiatement qu’en Inde le feu rouge n’est qu’indicatif. Quand bien même l’artère que la route traverse est manifestement impossible à franchir, s’expose au ridicule le chauffeur qui s’arrête au feu et non au niveau du trafic, il se fait dépasser par autant de véhicules qu’il laisse de place devant lui, et c’est plus que ce qu’on peut imaginer.

Le sens de circulation n’est lui aussi qu’indicatif. Il faut des barrières de pierre et de fer pour empêcher les Indiens de circuler du mauvais côté pour gagner un peu de temps. Il est fréquent que vous voyez arriver des voitures en sens inverse occupant toute la largeur de la voie avant de se rabattre en catastrophe dans un concert de klaxon, concert permanent, le klaxon ayant ici pour fonction de se positionner par rapport aux autres conducteurs et à intimider ceux qu’on veut dépasser.

Les lignes séparant les voies semblent ne pas exister. Les « routes » sont défoncées, avalées sur les côtés par les commerces qui s’étendent sur des kilomètres, rétrécies encore par des travaux ou des trous trop gros.

Pour parfaire le tableau, il faut indiquer la variété de la faune : rickshaws, petites voitures à l’occidentale, grosses voitures, camions bennes, autobus, taxis, vélos, rickshaws à vélo, chevaux, piétons, motos, machins... Le tout est un peu cabossé encore que je n’ai pas vu d’accident.

Aucun policier, ou si peu.

Quelles leçons en tirer ? D’un côté se vérifie à chaque instant l’ordonnancement spontané des rapports sociaux décrit par Hayek, la création sans autorité de règles de conduite efficaces. Frappera l’étranger le spectacle démentiel du balet des usagers de la route, à fond les klaxons, qui se rencontrent sans se heurter, se cédant la place au dernier moment.

De l’autre se vérifie l’utilité d’un Etat ou d’une entité équivalente qui fait ici défaut. Car si un Indien peut gagner quelques secondes aux dépens de tout le monde, il n’hésite pas ! Sans doute une meilleure discipline permettrait-elle un gain par tous de temps mais personne n’est là pour garantir une telle discipline. On peut cependant raisonnablement douter qu’existe en Inde un Etat susceptible d’opérer une saine régulation sans céder à l’envie de tout planifier et assurer des rentes à ses clientèles, l’Etat indien a largement démontré sa malfaisance dans de nombreux domaines – ce qui sera exposé ultérieurement.