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lundi 12 mai 2008

Alain Finkielkraut interrompu sur France culture

Ce samedi 10 mai 2008, Finkielkraut s'entretenait avec deux invités dans l'émission Répliques qu'il anime depuis 1985 sur France Cul. Le thème était l'héritage de mai 68 et l'entretien avait pour l'occasion lieu à l'Odéon. Les invités étaient la journaliste Jade Lindgaard et le professeur Serge Audier (qui a écrit par ailleurs un livre sur les origines du néolibéralisme avec notamment un éclairage sur le colloque Walter Lippman. J'attends les avis).

Serge Audier était invité comme auteur d'un livre intitulé La pensée anti-68 : essai sur les origines d'une restauration intellectuelle, ce qui prêtait à l'affrontement avec l'hôte qui n'aime pas qu'on blackboule des mal-pensants, même si l'auteur insistait pour qu'on ne prenne pas trop au sérieux le titre.

L'action n'est toutefois pas venue du débat mais de l'apparition d'un groupe antiraciste. Des meneurs prennent de force le micro pour lire un texte romantique appelant à la libération de copains arrêtés alors qu'ils allaient manifester avec clous et fumigènes. S'ensuit une réplique aussi furieuse qu'excellente, expliquant le phénomène, montrant comment la certitude de la bonne conscience de ces militants les mène droit au fanatisme et la violence.

Finkielkraut montre par ailleurs comment la culture légitime a été renommée en culture soi-disant dominante pour la discréditer, illustrant à quel point le mai 68 français était un mouvement allant en sens inverse des mouvements de 68 dans les dictatures, qui cherchaient à restaurer la culture détruite. Je conseille l'écoute de cette émission, très intéressante, disponible sur cette page, directement par ce lien.

J'ai observé une réaction sur le net : les anars, très satisfaits, insensibles à la réplique de Finkielraut, qu'ils insultent allègrement, insensibles à la contradiction et ainsi conformes à la description. La réalité est plus forte que la fiction.

4 commentaires:

Abominable NH a dit…

Pour ma part, je trouve le père Finky assez gonflé.

Cela démontre une fois de plus qu'il n'est pas difficile de se dire "libéral", spécialement lorsque l'on parie sur la détestation pour faire des ventes.

Jérem' a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Anonyme a dit…

Vraiment après avoir écouté l'émission, je trouve le résumé et les jugements de valeur de l'auteur de cet article complétement à côté de la plaque.

Exraits :
- Alain Finkielkraut : - « Non, non, il n’y a pas de communiqué. Ah ben c’est vrai, 68 recommence. Mais qu’est-ce que vous voulez… Non j’ai absolument pas envie de laisser un micro… Oui, mais vous je vous ai pas invités que je sache. De toutes façons vous arrivez en groupe, je peux rien faire et j’imagine que, bien entendu, France Culture va vous donner le micro, je le fais moi-même, puisque c’est inévitable, mais je le fais à regrets. »
- Voix off : - « Non, non, non, non, non… »
- Alain Finkielkraut : - « Ah ben si France Culture résiste, je résiste avec France Culture.

=> C'est digne du théâtre d'Aristophane !

"L'extraordinaire fanatisme" dont se plaint Finkielkraut se résume juste à une poignée de militant prenant quelques minutes pour dire un texte puis s'en allant.

J'en ai vraiment ma claque de ce genre d'imprécateur allumé qui sont eux-même d'un sectarisme viscéral, et qui se permettent de donner des leçons de civisme.
Qu'il aillent en Afgahanistan, en Tchéchénie ou au Myanmar; qu'il comprennent ce que c'est l'oppression, le terrorisme, le fanatisme et puis qu'il reviennent face contre terre, se prosterner devant ces "terribles" "anars" en implorant leur pardon !

Bien sûr l'affaire se termine, après le départ des militants, par les litanies et les anathèmes révoltants et stupides d'un Finkielkraut aussi déconfit que grotesque qui n'hésite pas par truchements sophistiques abracadabrants à amalgamer au nazisme l'attitude des manifestants !
"Merde aux croque-morts" disait l'un d'entre-eux. Voici ce que Finkielkraut répondra:

[...]je trouve, si vous voulez, que cette attitude est très révélatrice[...] Ces personnes nous considèrent comme des survivants, comme des morts, morts ou croque-morts. [...]
Moi je n’ai jamais, si vous voulez, dit « mort à mes adversaires ». Le progressisme y invite, puisqu’encore une fois le progressisme divise le monde entre ceux qui sont vivants de plein droit et ceux qui sont les survivants d’une époque révolue, donc ce sont des scandales ambulants. [...]
Quand on dit, autrement dit, dans ce pays, « mort aux arabes », « mort aux juifs », c’est absolument abominable. Mais quand on dit « mort à ceci ou à cela » qui sont les anti-progressistes, c’est très bien, c’est une intervention brutale, qu’il ne faut pas prendre au sérieux ! Alors si c’est une intervention simplement brutale, laissez les racistes s’exprimer comme ils veulent parce que c’est exactement du même ordre, c’est la même méchanceté, c’est la même violence et ça aboutit dans l’Histoire aux mêmes ignominies." !!!

Voila finalement, devant l'adversité, tout ce dont sont capables tous ces très téméraires esprits et autres croisés du politiquement incorrect: mystifications, falsications, diffamation, procès en sorcellerie. Bref, comme d'habitude ...

Apollon a dit…

Finkielkraut avait mal entendu le slogan et développe en conséquence une argumentation sans objet sur ce point. Pour le reste il a raison et il est remarquable que ses détracteurs soient résolument sourd à ce qu'il expose.