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mardi 10 juin 2008

Quel avenir pour le libéralisme ?

Voici le troisième et dernier texte publié dans les mélanges (ceci est la vo, la version aboutie est dans la version publiée).


Il semble qu'une fois de plus avec Sarkozy la France a raté le coche. Le nouveau président est vite devenu conformiste et s'épuise dans une agitation interventionniste. Il n'a pas su réformer quand il a commencé son mandat, aujourd'hui tout apparait compromis : la possibilité des réformes comme la volonté politique. Quand viendra l'alternance, rien ne porte à croire que le PS sera davantage libéral, encore qu'il ne faut pas oublier que de nombreuses libéralisations sont venues de la gauche.

Pourquoi cette impuissance française du libéralisme ? La France a une longue et vieille tradition libérale : Fénelon, Montesquieu, Condillac, Turgot, Constant, Say, Tocqueville, Bastiat... et pourtant quand on mesure son influence aujourd'hui il faut constater que les libéraux sont très minoritaires. La France semblait à l'origine moins disposée au socialisme que ses voisines, Bainville remarquait même que cela était du à l'importance du nombre de petits propriétaires. Beaucoup d'auteurs libéraux ont acquis une aura mondiale mais il semble au final que nul n'est prophète en son pays puisque Bastiat dont Ronald Reagan conservait un ouvrage à son chevet est inconnu des Français...

Comment conquérir l'opinion française et mettre une politique libérale en oeuvre ? Certains proposent la voie associative, d'autres la voie politique, par l'intégration dans les partis de gouvernement ou par la constitution d'un parti politique libéral.

C'est cette dernière option qui agite beaucoup les libéraux depuis la création d'Alternative Libérale en 2006, en froid avec nombre d'associations et sujette à des querelles intestines.

Sans entrer dans le détail de ces débats qui, au final, n’ont que peu d’intérêt, on peut tourtefois souligner le fait que ces tensions - sinon dissensions - ont été à l’origine d’un nouveau parti libéral : le parti libéral démocrate. L'humeur générale des libéraux étant anti-politique (si ce n'est plus), on peut de toute façon se demander s'ils sont capables de suivre des consignes de vote et donc soutenir un parti politique, qu'il soit libéral, se présente libéral ou s'allie avec les libéraux.

Certains proposent de copier les méthodes de l'extrême-gauche, comme si au fond la fin justifiait les moyens.

D'autres enfin ne proposent rien, la contestation permanente étant devenue comme pour les gauchistes la fin en soi : mieux vaut prendre la pose pour toujours plutôt que transiger.

La voie associative a eu quelques beaux fruits mais beaucoup d'expériences s'effacent avec le temps.

Ce qui frappe dans ces options, c'est leur nombre, et par conséquent la division des stratégies. Les libéraux sont aussi très divisés de nature : libertariens pragmatiques ou intransigeants, anarcaps, libéraux conservateurs, non alignés, écolo, de gauche etc etc. Serge Schweitzer a bien constaté ce point et nous reprendrons son conseil : mieux vaut ne pas s'intéresser à ce qui nous divise mais à ce qui nous rassemble. Qu'avons-nous en commun ? Notre auteur aixois nous l'explique : une attitude, une façon de signer notre vie, l'adhésion à la trinité liberté-responsabilité-propriété, une confiance, une humilité, une esthétique (cf http://video.google.fr/videoplay?docid=-3163614262587575874, conférence du 02 septembre 2006).

Sur liberaux.org, le ciment est la cause commune contre le socialisme, rien sans ce ciment ne réunirait des esprits aux convictions très différentes, ce qui est en quelque sorte une chance : avoir tant d'opinions et de personnes de qualités dans un milieu restreint permet une réflexion intellectuelle féconde.

Mais ce n'est pas les idées qui prendront le pouvoir. L'avenir apparait sombre dans une France dont les institutions diffusent les idées socialistes et interventionnistes, où les Français s'expriment majoritairement contre le capitalisme, où la majorité des jeunes veulent devenir fonctionnaire.

Heureusement le monde ne se limite pas à la France : ailleurs le libéralisme avance à grand pas, les populations qui ont connu le communisme réel se font le nouveau relai des idées libérales, porteuses d'espoir et de développement. Quoi qu'en disent les Cassandre, la pauvreté recule, la connaissance avance, le monde s'intègre et ainsi les hommes sont plus libres de parvenir aux fins qu'ils se fixent aujourd'hui qu'hier.

Les pays pauvres qui ont abandonné le socialisme en économie émergent le mieux, ils ont adopté le modèle économique capitaliste en se rendant finalement compte de son efficacité. L'exemple de nos démocraties, impuissantes et démagogues, ne les pousse cependant pas à adopter nos systèmes politiques. La capacité de réforme de nos vieux pays sera à cet égard décisive pour le libéralisme politique et la démocratie.

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